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Mercredi 10 septembre 3 10 /09 /Sep 00:27

Communiqué de presse

28 août 2008

 

Une Commission de l’OMS constate que les inégalités «tuent à grande échelle» http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2008/pr29/fr/index.html

 

28 août 2008 | GENÈVE -- Un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Écosse, aura une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à peine treize kilomètres plus loin. L’espérance de vie à la naissance d’une fille au Lesotho est inférieure de 42 ans à celle d’une autre née au même moment au Japon. En Suède, le risque pour une femme de décéder pendant une grossesse ou lors d’un accouchement est de 1 pour 17 400, alors qu’en Afghanistan il est de 1 pour 8.

 

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Résumé analytique du rapport final [pdf 4.73Mb]

 

 

 

Ces chiffres n’ont aucune explication biologique. Les différences entre les pays et à l’intérieur même des frontièrs d'un pays, sont dues à l’environnement social dans lequel les gens naissent, vivent, grandissent, travaillent et vieillissent. Ces «déterminants sociaux de la santé» ont fait l’objet d’une enquête de trois ans menée par d'éminents responsables politiques, universitaires, anciens chefs d’État et ministres de la santé, regroupés au sein de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la Santé qui présente aujourd’hui ses conclusions au Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan.

 

L’association de principes, de politiques et de mesures économiques peu judicieuses est responsable dans une large mesure du fait qu’une majorité de l’humanité ne bénéficie pas du niveau de santé qui est biologiquement possible. Comme le soulignent les membres de la Commission dans leur rapport intitulé Combler le fossé en une génération: instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé, «l’injustice sociale tue à grande échelle.»

 

Pour le Dr Chan qui a remercié la Commission en la félicitant de son rapport, «les inégalités en matière de santé sont vraiment une question de vie ou de mort. Or les systèmes de santé ne tendent pas naturellement vers l’équité. Il faut un effort sans précédent pour amener tous les acteurs, même ceux travaillant en dehors du secteur de la santé, à examiner les effets de leurs politiques sur la santé. Les soins de santé primaires qui intègrent une composante santé dans toutes les politiques de l’État offrent un meilleur cadre pour y parvenir.»

 

Pour le Président de la Commission, Sir Michael Marmot, «la Commission recommande essentiellement de créer les conditions nécessaires pour donner aux gens les moyens d’être libres et de s’épanouir. Ces moyens font souvent défaut et l’exemple le plus évident concerne le sort des femmes dans de nombreuses parties du monde. Et la santé en souffre. En suivant ces recommandations, il serait possible d’apporter une amélioration considérable à la santé et à l’espérance de vie de milliards d’êtres humains.»

 

Inégalités à l’intérieur des pays

Les inégalités sanitaires –causes inéquitables, injustes et évitables de problèmes de santé– ont depuis longtemps été mesurées entre les pays, mais la Commission met l’accent sur les «écarts sanitaires» existant à l’intérieur des frontières nationales. Ainsi:

 

L’espérance de vie chez les hommes autochtones australiens est inférieure de 17 ans à celle des autres hommes en Australie.

La mortalité maternelle est 3 à 4 fois plus forte chez les pauvres que chez les riches en Indonésie. La mortalité de l’adulte est 2,5 fois plus importante dans les quartiers les plus démunis que dans les quartiers les plus favorisés au Royaume-Uni.

La mortalité de l’enfant dans les bidonvilles de Nairobi est 2,5 fois plus importante que dans les autres parties de la ville. Le risque de décès est de 10% chez un nouveau-né ayant une mère bolivienne analphabète alors qu’il n’est que de 0,4 % chez un nouveau-né dont la mère a au moins fréquenté l’école secondaire.

Aux États-Unis, 886 202 décès auraient été évités entre 1991 et 2000 si le taux de mortalité avait été le même chez les Américains d’origine africaine que chez les Blancs, alors qu’à titre de comparaison seules 176 633 vies ont pu être sauvées grâce aux progrès de la médecine au cours de la même période.

En Ouganda, le taux de mortalité de l’enfant de moins de cinq ans est de 106 pour 1000 dans le cinquième des familles les plus riches, mais de 192 pour 1000 naissances vivantes celui des familles les plus pauvres, ce qui signifie que près d’un cinquième des enfants nés vivants dans le quintile le plus pauvre n’atteindront pas leur cinquième anniversaire. À titre de comparaison le taux de mortalité moyen des moins de cinq ans dans les pays à revenu élevé est de 7 pour 1000.

La Commission a trouvé des éléments montrant qu’en général les pauvres sont moins bien lotis que ceux qui sont moins démunis qu'eux, mais qu’à leur tour ceux-ci sont moins bien lotis que ceux qui ont un revenu moyen, et ainsi de suite. Ce lien entre le revenu et la santé est le gradient social que l’on constate partout non seulement dans les pays en développement, mais dans tous les pays, même les plus riches. L'écart est plus ou moins prononcé selon les pays, mais le phénomène est universel.

 

La richesse n’est pas nécessairement un déterminant La croissance économique permet d’améliorer le revenu dans de nombreux pays, mais l’augmentation de la richesse nationale ne suffit pas à elle seule pour améliorer la santé dans un pays. Faute d’une répartition équitable des avantages, la croissance nationale peut même exacerber les inégalités.

 

S’il y a eu une augmentation énorme des richesses, de la technologie et du niveau de vie dans le monde ces dernières années, la question fondamentale est de savoir comment les progrès sont utilisés pour assurer une répartition équitable des services et renforcer les institutions, notamment dans les pays à faible revenu. En 1980, les pays les plus riches regroupant 10% de la population mondiale avaient un revenu national brut soixante fois plus important que les pays les plus pauvres regroupant 10% de la population mondiale. Après 25 ans de mondialisation, il est 122 fois plus important et, ce qui est encore plus grave, c’est que pendant les 15 dernières années, le cinquième le plus pauvre de la population de nombreux pays à faible revenu, a vu diminuer sa part de la consommation nationale.

 

La richesse à elle seule ne détermine pas l’état de santé d’une population. Certains pays à faible revenu comme Cuba, le Costa Rica, la Chine, l’état du Kerala en Inde et le Sri Lanka ont atteint des niveaux de santé satisfaisants malgré un revenu national relativement peu important. Mais la Commission souligne que les richesses peuvent être utilisées judicieusement. Les pays nordiques, par exemple, ont suivi des politiques qui encouragent l’égalité en matière d’avantages et de services, le plein emploi, la parité entre les sexes et de faibles niveaux d’exclusion sociale. C’est là, selon la Commission, un exemple éclatant de ce qu’il faut faire partout dans le monde.

 

Des solutions extérieures au domaine de la santé Une grande partie des efforts à fournir pour réduire les inégalités en matière de santé doivent intervenir dans le domaine extra-sanitaire. La Commission souligne que les maladies d’origine hydrique ne sont pas causées par un manque d’antibiotiques mais par l’eau contaminée et par l’incapacité des forces politiques, sociales et économiques de fournir de l’eau potable à tous; les cardiopathies sont causées non par une insuffisance d’unités de soins coronariens, mais par le mode de vie conditionné par l’environnement dans lequel on vit; l’obésité n’est pas le résultat d’une faiblesse morale mais de l’omniprésence d’aliments à forte teneur en graisse et en sucre. Le secteur de la santé –au plan mondial et national– doit donc s’attacher avant tout aux causes fondamentales des inégalités en matière de santé.

 

Comme l’a expliqué Sir Michael, «nous nous basons trop sur des mesures d'ordre médical pour améliorer l’espérance de vie. Un moyen beaucoup plus efficace pour améliorer aussi bien l’espérance de vie que la santé, consiste à évaluer l’impact de chaque politique et de chaque programme officiels sur la santé et l’équité en santé, et de faire de la santé et de l’équité en santé, un marqueur de l’efficacité des pouvoirs publics.»

 

Recommandations

Sur la base de ces éléments, la Commission formule trois recommandations fondamentales face aux effets dévastateurs des inégalités en matière d’espérance de vie:

 

Améliorer les conditions de vie quotidienne, c'est-à-dire les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent.

Lutter contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources, c'est-à-dire les facteurs structurels dont dépendent les conditions de vie quotidienne aux niveaux mondial, national et local.

Mesurer et comprendre le problème des inégalités et évaluer l’efficacité de l’action menée.

Des recommandations pour la vie de tous les jours Pour améliorer les conditions de la vie de tous les jours, il faut commencer dès la naissance. La Commission recommande que les pays mettent sur pied un dispositif interorganisations visant à assurer une collaboration efficace et une politique cohérente entre tous les secteurs oeuvrant pour le développement de la petite enfance et à fournir des services à tous les jeunes enfants. L’investissement en faveur du développement du jeune enfant constitue un des meilleurs moyens de réduire les inégalités sociales. Il est démontré que les investissements consentis en faveur de l’éducation des femmes ont une rentabilité qui représente plusieurs fois l’effort consenti.

 

Des milliards de gens vivent sans logement adéquat et sans eau potable. Le rapport de la Commission voue une attention particulière au nombre croissant de ceux qui vivent dans des bidonvilles et aux effets de la gouvernance urbaine sur la santé. La Commission en appelle elle aussi à un nouvel effort pour fournir l’eau, l’assainissement et l’électricité à tous ainsi qu’un meilleur aménagement urbain face à l’épidémie de maladies chroniques.

 

Les systèmes de santé ont aussi un rôle important à jouer. Si le rapport de la Commission montre que le secteur de la santé ne peut réduire à lui seul les inégalités en matière de santé, les efforts faits en faveur de la couverture universelle et l’accent mis sur l’équité en matière de santé n’en constituent pas moins des mesures importantes.

 

Le rapport souligne aussi comment plus de 100 millions de personnes sont victimes de la paupérisation à cause des soins de santé qu’elles doivent régler elles-mêmes, un facteur qui contribue sensiblement aux inégalités en matière de santé. La Commission lance par conséquent un appel en faveur de systèmes de santé reposant sur des principes d’équité, sur la prévention de la maladie et sur la promotion de la santé avec une couverture universelle fondée sur les soins de santé primaires.

 

Répartition des ressources

Pour donner suite aux recommandations de la Commission concernant l’amélioration des conditions de vie quotidiennes, il faudra aussi aborder le problème de la répartition inéquitable des ressources et pour cela des mesures systématiques et de grande envergure s’imposent.

 

Le rapport met l’accent sur une série de recommandations visant à assurer un financement équitable, la responsabilité sociale, la parité entre les sexes et une meilleure gouvernance. Il s’agit notamment d’utiliser l’équité en matière de santé comme indicateur de l’efficacité des pouvoirs publics et du développement social dans son ensemble, de généraliser l’évaluation de l’impact de l’équité sur la santé, de veiller à ce que les pays riches tiennent leur engagement de fournir 0,7 % de leur PNB sous forme d’aide, de renforcer la législation pour interdire la discrimination fondée sur le sexe et d’améliorer la capacité pour tous les groupes sociaux de participer à l’élaboration de politiques en donnant à la société civile les moyens d’oeuvrer en faveur de la promotion et de la protection des droits civils et politiques. Au niveau mondial, la Commission recommande que l’équité en matière de santé soit un objectif fondamental du développement et qu’un cadre de référence des déterminants sociaux de la santé soit utilisé pour suivre les progrès accomplis.

 

La Commission souligne aussi que l’application des recommandations susmentionnées suppose que le problème actuel des inégalités en matière de santé soit mesuré (alors que dans de nombreux pays des données adéquates ne sont pas disponibles) et que l’on suive ensuite les effets des interventions proposées sur l’équité. Pour cela, il faudra d’abord consentir un investissement au niveau des registres d’état civil, un domaine dans lequel les progrès ont été limités au cours des trente dernières années. Un besoin considérable existe aussi en matière de formation de responsables politiques, d’agents de santé et d’agents d’autres secteurs afin de mieux comprendre l’importance des déterminants sociaux de la santé et de déterminer comment agir pour y faire face.

 

S’il faut poursuivre les recherches, l’état des connaissances permet déjà aux responsables politiques de prendre les premières mesures. Les changements déjà en cours montrent bien qu’une action est possible. Ainsi a-t-on observé en Égypte une baisse spectaculaire de la mortalité de l’enfant qui a été ramenée de 235 à 33 pour 1000 en trente ans. La Grèce et le Portugal ont ramené leur taux de mortalité infantile de 50 pour 1000 à des niveaux presque aussi bas que le Japon, la Suède et l’Islande. Cuba a atteint une couverture de plus de 99% de sa population par ses services de développement de l’enfant en 2000. Mais les tendances à l’amélioration de la santé ne sont pas automatiques. En fait, si l’on ne se préoccupe pas du problème, la santé peut reculer rapidement.

 

Des progrès sont-ils possibles?

La Commission a déjà inspiré et appuyé des mesures dans plusieurs parties du monde. Le Brésil, le Canada, le Chili, le Kenya, le Mozambique, la République islamique d’Iran, le Royaume-Uni, le Sri Lanka et la Suède sont devenus des partenaires en s'engageant à réaliser des progrès en matière de déterminants sociaux de l’équité pour la santé et en mettant déjà au point des politiques pour y répondre. Ces exemples montrent que le changement est possible si la volonté politique est présente. Le chemin à parcourir est encore long, mais comme la Commission le fait observer, la direction à suivre est claire.

 

L’OMS diffusera maintenant ce rapport auprès de ses États Membres qui détermineront comment l’Organisation devra y donner suite.

 

Observations des membres de la Commission Fran Baum, Chef de Département et Professeur de santé publique à l’Université Flinders, Directeur de la South Australian Community Health Research Unit et Coprésident du Conseil mondial de Coordination du People’s Health Movement: «C’est merveilleux d’avoir une reconnaissance mondiale à l’issue de la campagne australienne intitulée «Combler le fossé». La Commission de l’OMS considère cette campagne comme un objectif pour le monde entier, et nous montre comment les inégalités en matière de santé reflètent la façon dont nous organisons la société et distribuons les pouvoirs et les ressources. La Commission fournit à l’Australie de nombreuses idées sur la façon d'établir un programme permettant de faire face aux déterminants profonds de la santé et d’aboutir à une meilleure santé pour tous les Australiens.»

 

Monique Begin, Professeur à l’École de gestion de l’Université d’Ottawa, a occupé deux fois le poste de ministre de la Santé et du Bien- Être social et a été la première Québécoise élue à la Chambre des Communes: «Le Canada aime bien pouvoir clamer haut et fort que sept ans de suite l’ONU nous a considéré comme le pays au monde qui bénéficie de la meilleure qualité de vie. Tous les Canadiens en jouissent-ils? La réponse est non. La vérité est que notre pays est si riche qu’il réussit à masquer la réalité de la soupe populaire dans ses villes, celle des logements inacceptables (un sur cinq), celle des taux de suicide très élevés des jeunes inuits. Ce rapport nous sort de notre léthargie et nous incite à agir pour être à la hauteur de notre réputation.»

 

Giovanni Berlinguer, député au Parlement européen, membre du Comité international de bioéthique de l’UNESCO (2001-2007) et Rapporteur du projet de Déclaration universelle sur la bioéthique: «Un monde plus juste sera un monde en meilleure santé. Un service de santé et des politiques médicales constituent, un facteur parmi d’autres, qui influencent la santé de la population. La croissance des inégalités et le phénomène de l’injustice accrue en matière de santé sont présents dans les pays à revenu faible et moyen mais aussi dans toute l’Europe. Il serait criminel de ne pas prendre les mesures qui s’imposent pour les réduire.»

 

Mirai Chatterjee, Coordonnateur de la sécurité sociale pour la Self-Employed Women’s Association en Inde, une organisation syndicale regroupant plus de 900 000 femmes travaillant à leur propre compte, récemment nommée membre du Conseil consultatif national et de la Commission nationale pour le secteur non structuré: «Ce rapport propose des pistes pour agir au niveau local, au niveau national et au niveau mondial. Il a été attendu avec impatience par les responsables politiques, les responsables de la santé, les militants de la base et les organisations communautaires. Une grande partie de la recherche et des conclusions de la Commission intéresse particulièrement la Région de l’Asie du Sud-Est où trop souvent les gens doivent lutter quotidiennement pour la justice et l’équité en matière de santé. Le rapport incitera la Région à agir et à mettre au point de nouvelles politiques et de nouveaux programmes.»

 

Yan Guo, Professeur de santé publique et Vice-Président du Centre des sciences de la santé de l’Université de Beijing, Vice-Président de l’Association chinoise de Santé en Milieu rural et Vice-Directeur de l’Académie chinoise de politique sanitaire: «On ne devrait pas se préoccuper de savoir si l’on possède assez, mais si ce qu’on possède a été réparti de façon équitable. C’est là un principe fondamental en Chine. Construire une société harmonieuse est notre aspiration à tous et l’équité, notamment l’équité en santé, constitue la condition préalable d’un développement harmonieux. Éliminer les déterminants qui nuisent à la santé grâce aux efforts de l’ensemble de la société, promouvoir la justice sociale et faire progresser la santé humaine sont nos buts communs. Nous devons unir nos forces pour atteindre cet objectif louable.»

 

Kiyoshi Kurokawa, Professeur à l’Institut universitaire national d’études politiques de Tokyo, membre du Comité des politiques scientifiques et technologiques du cabinet, ancien Président du Conseil scientifique du Japon et de l’Association scientifique du Pacifique: « La Commission de l’OMS s’intéresse à l’un des principaux problèmes à l’heure de la mondialisation, à savoir les inégalités en matière de santé. Les recommandations du rapport seront perçues, utilisées et appliquées comme un programme politique majeur au niveau national et mondial. La question prendra de plus en plus d’importance à mesure que le grand public s’engagera par l’intermédiaire des mouvements de la société civile et de partenariats multiples.»

 

Alireza Marandi, Professeur de pédiatrie à l’Université Shaheed Beheshti en République islamique d’Iran, ancien ministre de la Santé et de l’Enseignement de la médecine pour deux mandats, ancien vice-ministre et conseiller ministériel et récemment élu Député au Parlement iranien: «La justice sociale est devenue une priorité quand la révolution islamique s’est installée en Iran. Établir un réseau solide de soins de santé primaires dans notre pays a non seulement permis d’améliorer nos statistiques sanitaires mais a fourni un excellent moyen de progresser en vue de l’équité en santé. Aujourd’hui grâce au rapport final de la Commission et à l’application de ses recommandations, il nous faut accélérer notre marche vers l’équité en santé.»

 

Pascoal Mocumbi, haut représentant du Partenariat pour les essais cliniques en Europe et dans les pays en développement, ancien Premier ministre de la République du Mozambique, ancien ministre des Affaires étrangères et ministre de la Santé: «Le rapport de la Commission des Déterminants sociaux de la Santé aidera les dirigeants africains à adapter leur stratégie nationale de développement pour relever les défis auxquels la santé doit faire face. Ceux-ci sont liés aux changements systémiques actuels de l’économie mondiale qui affectent considérablement les groupes les plus pauvres en Afrique.»

 

Amartya Sen, Professeur à l’Université Lamont et Professeur d’économie et de philosophie à l’Université de Harvard, Prix Nobel d’économie en 1998: «L’objectif premier du développement –pour tous les pays et pour le monde dans son ensemble– est d’éliminer les «non-libertés» qui réduisent et appauvrissent la vie des gens. Au centre des privations humaines, il y a l’impossibilité de vivre une vie longue et en bonne santé. C’est là beaucoup plus qu’un problème médical. Il s’agit de surmonter des handicaps dont les causes sociales sont profondes. Sous la direction de Michael Marmot, la Commission de l’OMS a mis l’accent sur les causes négligées qu’il faut bien comprendre pour apporter les solutions voulues. Une meilleure compréhension constituera aussi un appel en faveur d’une action concrète.»

 

David Satcher, Directeur du Center of Excellence on Health Disparities et de la Satcher Health Leadership Institute Initiative, ancien Surgeon General des États-Unis et Sous-Secrétaire d’État à la santé ainsi que Directeur des Centers for Disease Control and Prevention: «Les États-Unis d’Amérique consacrent davantage aux soins de santé que tous les autres pays de la planète et pourtant, ils n’arrivent qu’au quarante et unième rang mondial en matière d’espérance de vie. La Nouvelle Orléans et l’expérience de l’ouragan Katrina illustrent pour moi mieux que tout autre événement pourquoi nous devons nous préoccuper des déterminants sociaux de la santé –notamment du logement, de l’éducation, des conditions de travail et d’apprentissage, et de l’exposition aux toxines. En nous préoccupant des déterminants sociaux de la santé, nous pouvons rapidement nous attacher à combler le fossé injuste et évitable entre les groupes de conditions socio économiques différentes, ceux qui ont une expérience différente de l’exclusion sociale et ceux qui ont une formation différente.»

 

Anna Tibaijuka, Directeur exécutif de l’ONU-Habitat et Président fondateur du Conseil indépendant des femmes de Tanzanie: «Il n’est pas possible de fournir des services de santé aux gens qui vivent dans la saleté, dans des conditions inhumaines pathétiques comme on les connaît dans les bidonvilles toujours plus étendus dans les pays en développement. Les investissements en faveur des services de base comme l’eau et l’éducation seront toujours limités, voire gaspillés, s’ils ne s’accompagnent pas d'investissements en faveur de logements décents et de moyens d’assainissement adéquats.»

 

Denny Vågerö, Professeur de sociologie médicale, Directeur du CHESS (Centre d’études pour l’équité en santé) en Suède, membre de l’Académie royale suédoise des Sciences et de son comité permanent pour la santé: «Les pays de la planète s’éloignent de plus en plus les uns des autres en matière de santé. Cette évolution est très préoccupante. Dans bien des pays, les différences sociales en matière de santé augmentent aussi et c’est le cas en Europe. Nous avons mis l’accent uniquement sur la croissance économique en négligeant les conséquences négatives pour la santé et le climat. Il faut modifier notre façon de penser le développement.»

 

Gail Wilensky, senior fellow du projet HOPE, une fondation internationale d’éducation sanitaire, auparavant Directeur des programmes Medicare et Medicaid aux États-Unis d’Amérique et Président de deux commissions chargées de conseiller le Congrès des États-Unis sur le programme Medicare: «Ce que ce rapport indique clairement, c’est que l’amélioration de la santé et des résultats sanitaires et la réduction des différences évitables en matière de santé –des buts pour tous les pays– supposent beaucoup plus qu’une simple amélioration du système de soins de santé. Les conditions de vie fondamentales, l’emploi, l’éducation au cours de la petite enfance, la condition de la femme et la pauvreté ont tous une incidence sur les questions sanitaires. Il faut tenir compte des effets de ces facteurs qui doivent occuper une place importante dans l’élaboration des politiques. C’est vrai pour des pays riches comme les États-Unis comme pour beaucoup de pays émergents, où les gens vivent souvent avec moins de deux dollars par jour.»

 

Pour plus de renseignements ou pour obtenir une interview, s’adresser à :

Sharad Agarwal

Chargé de communication

Organisation mondiale de la Santé, Genève

Tél.:  +41 22 791 1905 

Portable.:  +41 79 621 5286 

Courriel: agarwals@who.int

 

Felicity Porritt

Responsable communication

Commission OMS des déterminants sociaux de la santé, University College of London Secretariat Londres

Portable:  +44 773 941 9219 

Courriel: felicity.porritt@mac.com

Par Médard Donzo
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Jeudi 3 juillet 4 03 /07 /Juil 00:58

Alger, Algérie (PANA) – Les débats animés lors de la conférence ministérielle sur la recherche pour la santé en Afrique, ont révélé ce mercredi à Alger que 44% des Africains qui préparent le diplôme de doctorat dans les pays occidentaux ne reviennent pas dans leurs pays d’origine.

Selon les participants à la rencontre, la fuite des compétences vers les pays du Nord est dûe en partie au fait que l’environnement n’est pas favorable à l’activité scientifique et à la recherche dans les pays du Sud.

L’absence de banques de données ainsi que la faiblesse des financements destinés à la recherche scientifique sont d’autres raisons citées à cette conférence pour justifier ce phénomène.

Selon les participants à la conférence ministérielle, l’une des solutions consiste à encourager la coopération dans le domaine de la recherche dans le secteur de la santé entre le Sud et le Nord.

Pour l’instant, 90 % des financements destinés à la recherche scientifique dans le domaine de la santé viennent de l’extérieur, ont déploré les délégations présentes à la rencontre d'Alger, qui prend fin jeudi.

 

Alger - 25/06/2008

Par http://list.healthnet.org/mailman/listinfo/e-med - Publié dans : Système de santé
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Jeudi 3 juillet 4 03 /07 /Juil 00:48

Alger, Algérie (PANA) - Un total de 517,6 millions de dollars US a été investi par 37 pays africains dans la recherche en santé en 2005, a-t-on appris jeudi, à Alger, en marge de la conférence ministérielle africaine sur la recherche pour la santé.

Cette somme -le chiffre le plus récent disponible- représente 1,3% du total combiné des dépenses de santé pour les 37 pays cette année-là et 12,6% des dépenses totales rapportées par le Forum mondial des pays à faibles et moyens revenus en 2003 estimé à 4,1 milliards de dollars.

Selon ce forum, les dépenses de santé se sont élevées à environ 125,8 milliards de dollars dans le monde.

La plupart des financements dans les pays à faibles et moyens revenus provenaient du gouvernement (41%) tandis que les entreprises privées à but lucratif ont contribué à hauteur de 38%, les institutions d'Enseignement supérieur pour 20% et les entreprises privés à but non lucratif pour 1%.

Les participants à la conférence du 23 au 26 juin, organisée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont préconisé une augmentation des financements pour la recherche en santé en Afrique, qui d'après eux peut beaucoup contribuer à l'amélioration de la santé des Africains.

En plus de réclamer des financements accrus et durables, ils ont également insisté sur la nécessité d'un engagement politique dans les divers pays.

Conformément à son thème, "Réduire le déficit des connaissances pour améliorer la santé en Afrique", la conférence d'Alger est principalement axée sur le renouvellement de l'engagement des pays à renforcer la génération de connaissances et la réduction du déficit des connaissances pour renforcer le développement sanitaire de l'Afrique et l'égalité de l'accès aux soins, tout en mettant l'accent sur les approches innovantes et les succès enregistrés pour renforcer les capacités en matière de gestion de la recherche, de l'information et des connaissances en Afrique.

La conférence, à laquelle participent environ 500 délégués dont des ministres africains de la Santé, de l'Education, de la Science et de la Technologie, entre dans le cadre des préparatifs pour le second Forum mondial sur la recherche en santé, prévue à Bamako, au Mali en novembre 2008.

 

Alger - 26/06/2008

http://www.panapress.com/newslat.asp?code=fre054619&dte=26/06/2008

Par Publié par http://list.healthnet.org/mailman/listinfo/e-med - Publié dans : Système de santé
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Jeudi 3 juillet 4 03 /07 /Juil 00:25

AFP - Mardi 1 juillet, 11h19

CHARM EL-CHEIKH (Egypte) (AFP) - Le prince héritier des Pays-Bas Willem-Alexander a choisi de choquer les dirigeants africains réunis à Charm el-Cheikh en les appelant à s'impliquer pour briser le "tabou mortel" des latrines et de l'hygiène sanitaire sur le continent.

"Vous, comme beaucoup d'autres, aurez probablement des difficultés à rentrer chez vous pour discuter avec passion d'installations sanitaires et de sujets associés comme les matières fécales humaines", a lancé lundi le prince d'Orange aux dirigeants des 53 nations de l'Union africaine, réunis en sommet en Egypte.

L'héritier du trône des Pays-Bas s'exprimait en qualité de président du conseil consultatif du secrétaire général de l'ONU sur l'eau et les installations sanitaires.

Soulignant qu'un million d'Africains mouraient chaque année en raison d'un système sanitaire défaillant, Willem-Alexander a appelé les dirigeants africains à "contribuer personnellement à surmonter le tabou mortel qui entoure ce sujet".

"Nous devons surmonter notre gêne à parler de toilettes, de matières fécales et d'hygiène personnelle", a-t-il expliqué.

Selon l'ONU, la moitié des personnes hospitalisées en Afrique sub-saharienne le sont pour des maladies liées au manque d'hygiène des installations sanitaires.

"Il ne sera pas surprenant que j'ai été enchanté que certains chefs d'Etat et de gouvernement africains distingués prennent l'initiative d'être photographiés à côté de toilettes", a déclaré le prince Willem-Alexander, sans citer de nom.

"Leur courage a symbolisé le pas en avant que l'Afrique doit franchir, a-t-il expliqué. Je ne peux que vous inviter à suivre leur exemple et briser le tabou des sanitaires. Appelons un chat un chat et des toilettes des toilettes. Dans de nombreux pays, cela a marché avec le sida, pourquoi cela ne marcherait-il pas pour les sanitaires?".

Le sujet des toilettes, tabou dans de nombreux pays du monde, est ouvertement abordé par les Néerlandais dans leurs discussions quotidiennes.

Par http://fr.news.yahoo.com/afp/20080701/thl-ua-sommet-onu-developpement-sante-pa-96993ab.html - Publié dans : Politique de santé
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Dimanche 8 juin 7 08 /06 /Juin 12:57

D'après les statitiques le taux d'infection à VIH en RD Congo n'ont progressé que très peu  ces deux dernières décenies; laissant perplexe bon nombre de scientifiques et intellectuels au vu des réalités socioéconomiques du pays et du dysfonctionnement de son appareil sanitaire.

En milieu urbain comme dans les milieux ruraux, l'hygiène hospitalière, les techniques des soins, le respect des precautions universelles, laissent trop à désirer.

Ces carences ouvrent dans nos institutions sanitaires un boulevard aux infections nosocomiales et à l'infection à VIH; comme l'illustrent ces photos prises dans un centre de santé de référence en province Orientale (RDC).







 

 entrée de la salle des soins

 

 

 

 

 

 









Table de soins




















Injection intraveineuse











Rinçage et netoyage de la séringue par une eau desinfectante?
Cette eau sert à rinçer toutes les séringues du centre: durée de conservation indeterminée








Aiguille bien recapuchonnée











seringue re-amballée et remise au patient pour la prochaine injection.












sinon elle peut encore servir pour fixer le tarif des soins











ou encore conserver quelques ordonnances












avant d'être conservée en toute securité ici











puis brûler à côté du centre







Que de la peine!
Par Médard Donzo - Publié dans : Soins de santé
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Dimanche 8 juin 7 08 /06 /Juin 12:29
 II.        LES RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ 



(Infirmiers en formation dans une zone de santé rurale)


a)    
Recrutement, affectation, redéploiement / mutation du personnel de santé 

18.  Le niveau central doit cesser de recruter pour les provinces le personnel de santé autre que celui de commandement. Le recrutement et l’affectation de ce personnel sont une compétence des provinces. Ils devront se faire conformément aux textes et lois en vigueur. Ainsi, l’établissement des besoins au niveau des Provinces se fait par le MIP sous la responsabilité  du Ministre Provincial ayant en charge la Santé.  

19.  La résolution des problèmes d’insuffisance quantitative en personnel ou de pléthore doit privilégier le redéploiement de ce dernier au sein de la province. Le redéploiement inter province du personnel de santé devra également être envisagé en cas de besoin sous l’autorité du Ministre de la Santé Publique. Le redéploiement ou la mutation du personnel doit se faire sur base des besoins exprimés dans les plans de développement des Zones de Santé  en collaboration avec les partenaires qui appuient la ZS. Les nouvelles unités intéressées par ce redéploiement seront recrutées par concours. Le Ministre Provincial  ayant en charge la  santé vise et transmet le projet de redéploiement et/ou mutation après concertation avec les autres Ministères (FP, Budget et finances) au Gouverneur / Ministre de la Santé Publique (selon le poste à pourvoir). 

20.  Les affectations ne se feront pas dans les ZS en revitalisation (c'est-à-dire celle qui bénéficie d’un appui au développement) sans concertation entre le niveau intermédiaire et le niveau opérationnel (ECZ et les partenaires qui appuient les ZS concernées). 

21.  En ce qui concerne l’engagement du personnel de commandement, le Ministre  Provincial ayant en charge  la Santé  soumet au Gouverneur le projet d’engagement. Le Gouverneur fait une proposition d’au moins deux candidats par poste au Ministre de la Santé Publique qui engage.  La proposition de nomination au grade de commandement est initiée par le Ministre de la Santé Publique  qui le soumet au Ministre de la Fonction Publique pour transmission au Président de la République pour légalisation. 

22.  La désignation du MIP relève de l’initiative du Gouvernement Provincial. Son entérinement relève de la  compétence du Ministre de la Santé Publique.

 

b)    Formation du personnel de santé 

23.  Les formations continues des agents en province doivent  être intégrées. Sous la responsabilité du Ministre Provincial, le MIP identifie les besoins en formation, coordonne  et organise les formations (plan de formation en évitant formations segmentaires par les programmes). Un plan de formation intégrée sera élaboré par la province. Le niveau central apporte un appui technique : expertises, élaboration des modules, etc.

 

c)     Détachement et mise en disponibilité  

24.  En ce qui concerne le détachement et la mise en disponibilité d’agents hormis les cadres de commandement, le Ministre Provincial ayant en charge la santé reçoit les demandes de détachement et les transmet au Ministre de la fonction publique provinciale qui les transmettra à son tour au Gouverneur pour entérinement. En ce qui le détachement et la mise en disponibilité des cadres de commandement, le Gouverneur fait suivre le dossier au niveau du Ministre de la Santé Publique.

 

d)    Situation de Nouvelles Unités 

25.  La régularisation de la situation administrative de nouvelles unités devra être accélérée  pour éviter d’alourdir la charge financière destinée aux salaires dans les budgets provinciaux. Sous la responsabilité du Ministre provincial ayant en charge  la santé, le MIP finalise le plan de couverture (redéploiement interne et externe) ; liste toutes les NU par catégories de problème ; présente au Chef de Division de la FP avec copie au Ministre Provincial ayant en charge la Santé,  au Ministre Provincial ayant en charge  la  Fonction Publique Provinciale  et au SG à la Santé.

 

e)     Gestion des ITM 

26.  Un moratoire est décrété sur l’ouverture de nouveaux ITM sur toute l’étendue de la RDC   (Note circulaire n° MS.1251/SG/FM/1.115/BK/2007 du 8 août 2007). Un état des lieux sur la viabilité des ITM sera entrepris dans les semaines qui suivent. Cet état des lieux permettra d’identifier les ITM qui doivent continuer avec leur mission actuelle, ceux dont la mission doit être réorientée vers la formation des paramédicaux dans les filières où les besoins quantitatifs sont encore importants et ceux qui doivent être fermés

 

   III.        LA CARTE SANITAIRE NATIONALE

 

27.  Rattacher les  Zones de Santé ‘fille’ sans HGR et/ou avec population inférieure à 100.000 habitants aux ZS ‘mères’. La mise œuvre de cette mesure nécessite une évaluation au cas par cas de la situation du découpage et de l’offre de services et de soins de santé dans les différentes provinces. S’il existe une ECZ dans la ZS fille, elle pourra soit être incorporée dans celle de la Zone de santé ‘mère’, soit être redéployée pour combler les besoins en ressources humaines dans d’autres ZS. Le fonctionnement d’une ZS comme structure autonome doit être liée à sa viabilité (existence d’une population d’au moins 100 000 habitants, existence d’un HGR et des centres de santé). Cependant, les ZS spéciales (polices et militaires) continuent de fonctionner dans leur configuration actuelle. Il sera envisagé dans ce processus, la possibilité d’attacher le cas échéant les aires de santé des ZS qui ceinturent une ville ou d’autres ZS aux Zones de santé voisines.  

28.  Un moratoire est décrété sur la création de nouvelles Zones de Santé. La création de nouvelles structures de santé dans une ZS doit être subordonnée au Plan de Développement Sanitaire de la Zone de Santé. L’implantation de nouveaux HGR doit être subordonnée aux Plans Provinciaux de Développement sanitaire (PPDS).

29.  Les structures de santé tant publiques que privées qui existent actuellement dans les Zones de Santé seront évaluées en vue d’une orientation appropriée. Cette orientation (intégration, fermeture, etc.) doit prendre en compte l’amélioration de la couverture sanitaire et la nécessité de l’offre des soins de santé de qualité.

 

   IV.        LA COORDINATION DES APPUIS AU NIVEAU INTERMÉDIAIRE

 

Se référer aux mesures sur l’organisation du système de santé, considérant que la coordination des appuis du niveau intermédiaire y est intimement liée.

 

    V.        L’APPROVISIONNEMENT EN MÉDICAMENT ESSENTIELS GÉNÉRIQUES ET LA GESTION DE CENTRALES DE DISTRIBUTION RÉGIONALE (CDR)

 

Des recommandations ont été formulées plutôt que des mesures dont principalement : 

·         Mettre à la disposition des CDR les locaux de l’ancien Dépôt Central Médico-Pharmaceutique (DCPM)  en province. Là où existe une CDR, les formations sanitaires (centres de santé et hôpitaux généraux de référence) doivent avoir des lignes de crédits au niveau des CDR. Les commandes des formations sanitaires seront centralisées par l’ECZ. Cependant, là où n’existe pas une CDR le système d’approvisionnement sera étudié au cas par cas ensemble avec les partenaires qui travaillent dans la ZS ou qui appuient celle-ci. 

·         Les textes relatifs aux conventions entre l’Etat et les CDR sont à revoir et à adapter selon le contexte de la décentralisation. Le Ministre Provincial ayant en charge la santé signe la convention (CDR/Etat). Les provinces doivent s’approprier le système d’approvisionnement en MEG et veiller au fonctionnement des CDR (suivi, contrôle, évaluation).

·         Mettre en place une Commission d’analyse technique des offres de fournisseurs de médicaments essentiels et pour agréments temporaires des autorisations de mise sur le marché. 

 

Par Médard Donzo - Publié dans : Politique de santé
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Dimanche 8 juin 7 08 /06 /Juin 12:05

La république démocratique du Congo dans le cadre de son nouveau processus de démocratisation avait en 18 février 2006 promulgué une nouvelle constitution  instaurant un Etat unitaire fortement décentralisé. Cette  constitution a redéfini les paliers de l’exercice de l’autorité publique : le pouvoir central, les provinces et les entités territoriales décentralisées devant être régis par une série de lois organiques. Malheureusement  les institutions politiques provinciales ont été mises en place à l’issue des élections avant la promulgation des dite  lois.

Vu le temps que peut prendre le processus de  promulgation d’une loi, le ministère de la santé, pour garantir la gestion harmonieuse du secteur  a proposé une série de mesures transitoires, au cours d’un atelier préparatoire de la décentralisation dans le secteur  du 10 au 12 mars 2008 à Kinshasa.



Ces mesures transitoires ont concerné 5 axes :

1)     Organisation du système de la santé

2)     Les ressources humaines pour la santé

3)     La carte sanitaire nationale

4)     La coordination des appuis au niveau intermédiaire

5)     L’approvisionnement en médicament essentiels génériques et la gestion de centrales de distribution régionale (CDR)




(cs salambongo. zs wanie rukula RD Congo)

Il en est sorti les propositions des mesures suivantes :

 

      I.        ORGANISATION DU SYSTÈME DE LA SANTÉ

a)     De l’organisation du niveau périphérique 

1.     La réaffirmation de la zone de santé comme unité opérationnelle de planification et de mise en œuvre de la stratégie des soins de santé primaires.

2.     Le développement de la zone de santé se fait selon les axes de la stratégie de renforcement du système de santé (SRSS)  cooptée par le document de la stratégie de  croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) comme contribution du secteur de la santé à la lutte contre la pauvreté.

3.     Les zones de santé autrefois attachées aux territoires deviennent des services déconcentrés de la province. Les territoires ayant perdu dans la nouvelle constitution leur caractère d’entité décentralisée, au détriment de communes, villes chefferies et secteurs.

 

b)    De l’organisation du niveau intermédiaire 

4.     Une équipe cadre provinciale (ECP) est mise en place ; avec pour mission d’impulser le développement sanitaire de la province en assumant des attributions d’accompagnement technique et administratif. L’ECP est dirigé par le Médecin inspecteur provincial agissant sous l’autorité du Ministre provincial de la santé.

5.     L’arrêté portant mise en place du comité provincial de pilotage doit être amandé : la responsabilité du comité doit être  confiée aux ministres provinciaux en charge de la santé, la fonction publique, les finances ainsi que du budget.

6.     La division provinciale de la santé est rattachée au Ministre provincial de la santé et le MIP continue de jouer à la fois le rôle de chef de division provinciale de la santé et d’inspecteur provincial de la santé ; étant donné que les ministères provinciaux ayant la santé dans leurs attributions ne disposent pas encore d’administration propre.

7.     Sous la responsabilité du ministre provincial ayant en charge la santé, le MIP prépare les ECP pour les nouvelles provinces qui seront installées conformément à la constitution.

 

c)     De l’organisation du niveau central 

8.     Un moratoire est décrété sur la création de nouvelles structures à tous les niveaux du système de santé : directions, programmes, bureaux, coordinations, zones de santé, etc. en attendant l’aboutissement de la reforme de l’administration publique.

9.     L’arrêté ministériel portant création du comité national de pilotage (CNP) doit être amandé : prévoir les relations que le CNP doit avoir avec d’autres groupes de coordination tels que les réunions mixtes (Ministre de la Santé Publique / Bailleurs),  groupes thématiques développés par le Ministère du Plan dans le cadre de suivi du DSCRP.

 

d)    La gestion des matières qui sont de la compétence concurrente

10.  Il est mis en place un cadre de concertation entre le pouvoir central et le pouvoir provincial. Les matières qui sont de la compétence exclusive de chaque pouvoir ne sont pas négociables. Cependant, l’exécution des matières qui relèvent de la compétence concurrente nécessite une concertation entre les deux pouvoirs. Les modalités de fonctionnement de ce cadre de concertation seront déterminées après concertation entre les deux pouvoirs.

 

e)     Financement du secteur de la santé

11.  Le niveau central finance les dépenses de l’Administration centrale de la santé,  les hôpitaux nationaux (investissements, fonctionnement, etc.), finance les achats d’intrants nécessitant une subvention (vaccination, combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, moustiquaire imprégnées d’insecticide, antirétroviraux, etc.)

12.  Le niveau provincial finance les investissements et le fonctionnement de l’administration provinciale de la santé, le fonctionnement des HGR, le paiement de salaires du personnel de santé en province.

13.  Les ETD financent les investissements et le fonctionnement des Centres de Santé qui  sont  implantés dans leur rayon d’action.

14.  Les niveaux central et provincial financeront conjointement (i) les investissements et le fonctionnement de l’administration provinciale de la santé tant que le MIP joue le double rôle d’Inspecteur et de chef de Division Provinciale de la santé, (ii) le fonctionnement des Hôpitaux provinciaux là où ils existent, (iii) les investissements dans les HGR, (iv) l’investissement et le fonctionnement de l’enseignement des sciences de  santé.

15.  S’agissant des aides extérieures, le gouvernement doit procéder à la répartition équitable et équilibrée en tenant compte de l’équité et des besoins exprimés par le niveau intermédiaire à travers des plans de développement sanitaire provinciaux.

16.  Les recettes générées par les structures de soins doivent être encadrées au moyen d’outils de gestion. Un plan d’utilisation de ces ressources devra être approuvé par le conseil d’administration de la Zone de Santé ou par le comité de gestion en ce qui concerne les recettes des hôpitaux provinciaux et nationaux.

17.  Mettre en place un mécanisme d’encadrement et de suivi du financement de la santé (budget de l’état consacré à la santé, aide extérieure, financement communautaire, etc.). En effet, il n’existe pas de mécanisme de suivi du financement de la santé, ce qui rend aléatoire le processus de planification. 

Rapport final de l’atelier

Ministère de la santé mars 2008

www.minisanterdc.cd



 

    

 

 

 

 

Par Médard Donzo - Publié dans : Politique de santé
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Jeudi 5 juin 4 05 /06 /Juin 19:39

Au cours d’un atelier sur la « supervision et suivi de prise en charge de la diarrhée aiguë chez l’enfant », organisé le 4 juin 2008 par le projet médical de JRS RD Congo (jesuit Refugee Service) dans une des  zones de santé rurale de la province orientale (RD Congo);  l’équipe d’appui  technique a voulu savoir ce que pensait chaque participant sur le concept supervision.

L’atelier a été organisé à l’intention 11 professionnels de santé, infirmiers et médecins  membres  de l’équipe cadre de la zone de santé Wanie-rukula, responsables du bureau des œuvres  médicales de l’archidiocèse de Kisangani et 
 
superviseur de JRS partenaire de la zone de santé. Ils assurent tous les suivis des formations sanitaires et la majorité a déjà bénéficié  d’une formation sur la technique de supervision.

Il a été demandé au début de l’atelier à chaque participant de :

·         Décrire sa fonction et tâches en rapport avec la supervision.

·         Dire ce qu’est  une supervision et ce qui ne l’est pas.

Chacun a pu présenter son voisin à partir des descriptions faites par celui-ci sur un bout de papier.

 

Il est ressorti des différentes présentations les observations  ci-après :


Tableau 1 : différentes définitions de supervisions données par les superviseurs

Différentes définitions de supervision

Nombre

superviseur

Processus visant à former, guider, aider, encourager  le personnel de sante

9

Suivi des activités et de performance des structures sanitaires

2

TOTAL

11

 

 La grande majorité,  9 participants sur les 11 estiment  qu’une supervision est  un processus visant à former, guider et aider  le personnel soignant  ou le supervisé.

 

Tableau 2 : Auto-description de fonction des superviseurs

Différents rôles des superviseurs

Nombre

superviseur

Rôle de superviser les différentes activités, les matériels, la performance

des structures sanitaires et des programmes  

10

Rôle de renforcer les capacités du personnel soignant pour améliorer

sa performance.

1

TOTAL

11

 

Par contre la quasi-totalité de participants décrivent leur travail comme consistant à superviser des  données sanitaires, des activités spécifiques, ou  à évaluer la performance des formations sanitaire et des programmes spécialisés. 

 Et unanimement ils s’accordent sur le fait que une supervision n’est pas une inspection, ni un contrôle visant à sanctionner le supervisé.

Ces réponses  paradoxales  en rapport  avec la définition d’une supervision et le rôle que chaque superviseur se donne relèveraient-elles d’une simple métonymie[1] ou pourraient être le reflet d’un paradigme  pasteurien qui sous tend   l’actuelle organisation et le  fonctionnement  du système sanitaire congolais ? 

Cette  infime observation ne vaudrait statistiquement pas la peine d’être généralisé, mais il suffit de jeter un coup d’œil sur ce qui se passe au pays  pour approfondir la réflexion.

            Sur le plan local, l’entretien avec l’équipe a révélé qu’il ne s’agissait point d’une métonymie puisqu’en  effet  les superviseurs trouvaient plus d’inconvénients de considérer  le « supervisé » comme cible  de la supervision plutôt que les activités.  Les mauvaises conditions de travail ont été le plus citées  comme facteurs n’aidant pas le superviseur à prendre comme cible « le supervisé  »  en dehors de l’exigence  de bailleurs de fonds d’un bon indicateur comme condition  à obtenir une prime.

Sur le plan national ;  avec les  troubles sociopolitiques qu’ont connus le pays depuis près de deux décennies et   l’absence  de l’autorité de l’Etat, le système de santé congolais, s’est retrouvé désintégré et désarticulé par  le manque d’une vision partagée sur son organisation par ses différents acteurs. Le paquet minimum d’activités  s’est retrouvé saucissonné par une caste de décideurs politiques, des professionnels de santé et bailleurs de fonds  dont le souci prédominant est la survie institutionnelle et individuelle[2] plutôt que l’amélioration de la santé de la population.

Le ministère national de la santé est  une immense bureaucratie budgétivore : il compte à ce jour 13 directions et 52 programmes spécialisés ; et ces structures sont reproduites aussi bien au niveau intermédiaire (provincial)  que périphérique. Son fonctionnement n’est pas le moins surprenant, il est plus fréquent que le niveau central exécute directement d’activités au niveau périphériques sans que le niveau intermédiaire en soit impliqué ou même consulté.

En conséquence  on retrouve  dans les zones  de santé  des infirmiers superviseurs spécialisés  en  lutte contre la lèpre et tuberculose, en   programme élargie de vaccination, en hygiène  et assainissement, … ou  encore comme par ironie  des infirmiers chargés des «  soins de santé primaire » dépouillés de toutes ses  composantes, et   dont le rôle est réduit généralement est la collecte des données sanitaires . Aussi le plus souvent ces infirmiers spécialistes  ont  très peu ou pas du tout d’idées sur  le travail de leurs collègues.

La nouvelle « stratégie de renforcement du système de santé » élaborée pour rechercher une solution à ces problèmes   est très peu sympathisée dans les provinces pilotes. Est-ce  à cause des difficultés de sa mise en œuvre par rapports aux réalités de terrain ou  parce que les intégrations  qu’elle prône menace des survies (personnelles et institutionnelles) ?

En attendant  plusieurs  activités de soins de santé primaires restent  verticales, les  personnels polyvalents spécialisés et les fonds et matériels réservés aux programmes spécialisés financés.

Devant la  course effrénée aux  « résultats »  pour satisfaire les organismes financiers les intérêts de  la communauté  bénéficiaire sont ramenés à l’arrière-plan des statistiques.  Cette recommandation est très fréquente  au cours des supervisions et revues : « Il faut améliorer les indicateurs ! ». Ce qui ouvre la voie aux inventions des rapports et données, et à la falsification des statistiques pour avoir sa prime de performance.

Ainsi tout le monde est servi : le professionnel de santé sa prime de performance, le partenaire ou l’organisme financier a ces indicateurs ; sauf la population prétendue bénéficiaire dont l’état de santé continue de dégrader.



[1] Métonymie : figure de style consistant à désigné une chose par le nom d’une autre avec laquelle elle entretient un rapport de contiguïté. Microsoft® Encarta® 2007

[2] Ministère de la santé : stratégie de renforcement de système de la santé. Juin 2006

Par Médard Donzo - Publié dans : Politique de santé
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Mardi 20 mai 2 20 /05 /Mai 15:37


COMMUNIQUE OMS AFRO
http://www.afro.who.int/french/index.html

La Conférence internationale sur les Soins de Santé primaires et les Systèmes de Santé en Afrique, réunie du 28 au 30 avril 2008 à Ouagadougou (Burkina Faso), réaffirme les principes de la Déclaration d’Alma – Ata de septembre 1978 ; en particulier pour ce qui est de la santé en tant que droit humain fondamental et de la responsabilité incombant aux gouvernements de veiller à la santé de leurs populations. Après avoir analysé les expériences des pays africains dans la mise en œuvre des SSP au cours des 30 dernières années, la Conférence exprime la nécessité pour les gouvernements, les partenaires et les communautés d’accélérer les mesures visant à améliorer la santé. La Conférence réaffirme également la pertinence de l’implication, de la participation et de l’autonomisation des communautés dans l’optique du développement sanitaire en vue d’améliorer leur bien-être; reconnaît l’importance des partenariats fondés sur la concertation, en particulier avec la société civile, le secteur privé et les partenaires au développement afin de traduire les engagements en actions.

Déclare ce qui suit :

I
L’existence de solides interrelations entre les déterminants sociaux de la santé, tels que le développement économique, la gouvernance, l’éducation, le genre, la sécurité alimentaire et la nutrition, l’environnement, la paix et la sécurité, souligne la nécessité de s’attaquer aux déterminants de la santé en Afrique, en particulier dans les milieux pauvres en ressources où les inégalités en matière de santé et les problèmes d’accès des populations aux soins de santé sont plus graves.

II
Des progrès ont été accomplis par les pays depuis Alma-Ata, notamment pour ce qui est de l’éradication de la variole, de la lutte contre la rougeole ;des résultats encourageants ont été obtenus dans l’éradication de la poliomyélite et du ver de Guinée, ainsi que dans l’élimination de la lèpre et de la cécité des rivières, en dépit de nombreux obstacles à la réalisation de l’objectif de la Santé Pour Tous, dont les catastrophes naturelles et celles causées par l’homme, les crises économiques et financières et l’émergence du VIH/sida au début des années 80.
Toutefois, il est nécessaire d’accélérer les progrès dans un certain nombre de pays africains afin de réaliser les objectifs sanitaires convenus sur le plan international, y compris les Objectifs du Millénaire pour le développement, d’ici 2015. La stratégie SSP est de nature à accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

III
La Conférence se félicite de l’engagement des Chefs d’Etat et de Gouvernement africains à créer un environnement favorable, notamment par l’augmentation des ressources allouées au secteur de la santé pour en porter le niveau à au moins 15 % du budget national, ainsi que des engagements pris aux termes de la Déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide, l’appropriation, l’harmonisation, l’alignement, les résultats et la responsabilité mutuelle. Toutefois, la Conférence exprime sa préoccupation au sujet de l’écart 10/90 ayant trait au fait qu’une proportion de 10 % seulement des ressources consacrées à la recherche développement en santé à l’échelle mondiale est utilisée pour s’attaquer aux problèmes de santé affectant 90 % de la population mondiale. La Conférence exprime également sa préoccupation au sujet des termes de l’échange peu favorables qui ont un impact négatif sur la santé et le développement en Afrique.

IV
La Conférence est encouragée par les importants succès remportés dans le domaine de la santé ; l’engagement politique renouvelé à la faveur de l’adoption de la stratégie de la santé de l’Union Africaine 2007–2015; l’environnement actuel favorable au développement sanitaire, du fait du retour de la paix, de l’amélioration de la sécurité et de la croissance économique enregistrée dans certains pays ; et l’implication accrue des Communautés économiques régionales dans le domaine de la santé. Elle est également encouragée par les nouvelles possibilités offertes en matière de financement international de la santé et par l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies concernant les Objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique.

V
La Conférence demande instamment aux États Membres de:

1. Actualiser leurs politiques et plans nationaux de santé, conformément à la stratégie des Soins de Santé primaires, en vue de renforcer les systèmes de santé pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement. En particulier pour ce qui est des maladies transmissibles, y compris le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme ; la santé infantile ; la santé maternelle ; des traumatismes et l’émergence des maladies chroniques ;
2. Utiliser les interventions de santé prioritaires comme point d’entrée de la revitalisation des services de santé, sur la base de la stratégie des Soins de Santé primaires, y compris les systèmes d’orientation/recours; et des mécanismes de préparation et réponse aux situations d’urgence ; accélérer le processus de décentralisation qui repose sur les systèmes de santé de district, par l’amélioration de l’accès, de l’équité et de la qualité des services de santé, en réponse aux besoins sanitaires des populations;
3. Promouvoir la collaboration intersectorielle et les partenariats public privé, y compris avec la société civile et les communautés, afin d’améliorer l’utilisation des services de santé et de mieux promouvoir les déterminants économiques, sociaux, démographiques, nutritionnels, culturels et environnementaux de la santé, y compris le changement climatique;
4. Mettre en œuvre des stratégies permettant de répondre aux besoins en ressources humaines pour la santé et visant à améliorer la planification, à renforcer les capacités des institutions de formation en santé, et à promouvoir la gestion, la motivation et la fidélisation de ces ressources pour accroître la couverture et la qualité des soins de santé;
5. Mettre en place des mécanismes viables pour rendre plus disponibles, plus abordables et plus accessibles les médicaments essentiels, les produits, les fournitures, les technologies appropriées et les infrastructures, par l’allocation de ressources suffisantes, le transfert de technologies, la coopération sud-sud et l’utilisation d’approches sous directives communautaires et de remèdes issus de la médecine traditionnelle africaine;
6. Renforcer les systèmes d’information et de surveillance, et promouvoir la recherche opérationnelle sur les systèmes de santé en vue de guider la prise de décisions;
7. Élaborer et mettre en œuvre des politiques et plans stratégiques de financement de la santé qui soient intégrés dans le cadre général de développement national et qui permettent de protéger les groupes démunis et vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, tout en veillant à ce que le système d’allocation des ressources, à chaque niveau des soins de santé, soit équitable et viable ; maintenir un équilibre approprié entre soins promotionnels, préventifs, curatifs et ré adaptatifs; concevoir et mettre en place des régimes d’assurance maladie pour éviter des dépenses de santé énormes ; garantir la solidarité et la sécurité sociale ; mettre en œuvre la Déclaration d’Abuja en portant effectivement à au moins 15 % la part du budget national allouée à la santé; consacrer au moins 2 % du budget du secteur de la santé au renforcement du système national de recherche en santé et créer des centres d’excellence en Afrique;
8. Promouvoir au plan sanitaire la conscience des populations, notamment des adolescents et des jeunes, renforcer les capacités des communautés à changer de comportements et adopter des modes de vie plus sains; à prendre en main leurs propres soins et participer davantage aux activités liées à la santé ; à créer un environnement permettant de doter les communautés de moyens afin qu’elles participent à la gouvernance des services de santé, conformément à l’approche des Soins de Santé primaires.

VI
Les communautés, y compris la société civile, doivent chercher à obtenir la reconnaissance de leur rôle dans la gouvernance des services de santé, en particulier pour ce qui est des interventions de santé publique et autres interventions à assise communautaire liées à la santé, et explorer avec les gouvernements la possibilité de conduire de campagnes de sensibilisation auprès de la diaspora africaine, afin de faciliter la participation effective de celle-ci aux activités de développement.

VII
L’Union Africaine et les Communautés économiques régionales doivent maintenir le leadership politique, renforcer le plaidoyer, la mobilisation des ressources, le financement du secteur de la santé et continuer à explorer les possibilités de coopération sud-sud au sein de la Région.

VIII
La communauté internationale doit:
1. Fournir aux pays un appui technique et financier coordonné et cohérent à long terme dans leurs efforts pour élaborer et mettre en œuvre des politiques de santé et des plans nationaux de développement sanitaire, en prenant en compte les objectifs sanitaires convenus sur le plan international, y compris les Objectifs du Millénaire pour le Développement, et fournir aux États Membres un appui pour leur permettre de traduire en actions concrètes les recommandations de la présente Conférence ;
2. Accroître les investissements dans les systèmes nationaux de santé, avec un accent particulier sur la production des personnels de santé, en veillant à ce que les pays donateurs honorent leur engagement d’allouer 0,7 % de leur produit intérieur brut à l’aide publique au développement ; réaffirmer l’engagement à mettre en œuvre les principes de la Déclaration de Paris de 2005 et appuyer les mécanismes connexes existants tels que le Partenariat mondial pour la Santé et l’Harmonisation pour la Santé en Afrique.

IX
L’OMS, en consultation avec les autres institutions des Nations Unies et les Etats Membres, doit mettre sur pied un observatoire régional de la santé et d’autres mécanismes de suivi de la mise en œuvre de la présente Déclaration et de partage des meilleures pratiques. X Les institutions des Nations Unies, l’ONUSIDA, l’UNFPA, l’UNICEF et l’OMS,les institutions financières internationales, en particulier la Banque mondiale et la Banque africaine de Développement, et les autres partenaires internationaux intervenant en faveur du secteur de la santé doivent fournir un appui pour faciliter la mise en œuvre de la présente Déclaration, en fonction de leurs avantages comparatifs respectifs.

Fait à Ouagadougou, le 30 avril 2008.

La Conférence
Par Médard Donzo - Publié dans : Politique de santé
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Lundi 19 mai 1 19 /05 /Mai 17:29

Dans la mythologie grecque, Asclépios le dieu de la médecine avait six filles, dont Hygié et Panacée. Ils appartenaient à la lignée d'Apollon, dieu de l'intelligence rationnelle.

Hygié était la déese de la santé et de la propreté; pour elle on pouvait rester en bonne santé aussi longtemps qu'on respectait l'ordre  naturel des choses. Elle pouvait suggérer mystérieusement aux être vivant (hommes et animal) le choix des aliments nécessaires à leur existence...

Panacée était la déesse des soins; elle avait grande connaissance des produits extraits des plantes ou de la terre et de leurs usages. Elle prodiguait ainsi des remèdes aux hommes à base des plantes.

De leurs noms ont été forgés deux substantifs couramment utilisés de nos jours, l'un positif et l'autre péjoratif :
Hygiène: ensemble de pratiques individuelles ou collectives visant à la préservation et à l'amélioration de la santé.
Panacée: remède au pouvoir de guérison universel ou solution qui permet de résoudre tous les problèmes.

Par Congo ya sika - Publié dans : Histoire de médecine
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